i n f i n i .
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j'avais senti la caresse de son souffle sur mes blessures les plus intimes
la bas sous la lune , il m'attendait
j'ai senti ses lèvres effleurer les miennes
j'ai attendu de pouvoir fermer les yeux
pour mieux sentir l'abime engloutir
mes sen s
[ perdue . ]
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frapper son corps pour ne extraire la douloureuse pourriture . tuer , tout les autres . torturer , tout . hurler , jusqu'à ce que la nuit explose . ensanglanter , les murs , le ciel , la lune ; vomir , leurs sourires et leurs envies . tuer ,encore , encore , encore . suicider , oser, peut être . scarifier, leur peaux douces et lisses , pour mettre en évidence , les morsures dilatées par le sucre accidentel de quotidien frapper leur tête sur le bitume jusqu'à recouvrir le trottoir de leurs cris regretter ,de n'avoir pu ni su espérer , une fin sans amertume dilater la vapeur dilater les cris dilater la rancoeur dilater leur merde dilater l'enfance dans une bouteille d'absinthe et abdiquer à l'éternel envie de mourir== si la pluie nettoyait mes pleurs , je pourrais croire aux fleurs du mal demain , j'étais morte . rencontrer les chats du jour et leur confier les morts de demain pour qu'ils apprennent à lécher leurs plaies faites de mille petites entailles percantes aigues viscérales renoncer à croire pour mieux se noyer dans le chaos sous-jacent exterminer chacun de leur rire noyer leurs phrases aqueuses remplir de terre les trous du ciel pour que même les étoiles soient bouffées par les vers qui n'en finissent pas de ronger nos vies . hier j'étais née blanche comme rien . comme rien . comme rien . j'ai arraché les paupières de l'innocence et j'ai violé mon enfance en avalant quelques fragrances qu'ils osent appeler réalité . les soupirs de la nuit ont achevé de décomposer mes pleurs en mille petites épines et j'ai lacéré la face du jour en regardant les nuages quand j'étais petite , j'y voyais des miracles même les mirages des autres ne me font plus rêver en j'enrage dans ma cage de ne pouvoir rire à l'unisson des soupirs . . rêver le bleu . le ciel avait cette étrange teinte rouge que prennent parfois les citrons lorsqu'on les tue . j'ai cru comprendre les oiseaux , mais ce n'était que de l'eau .
why would anyone on earth practice self destruction ?
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( i've tried everything . i've tried vaseline and even thinking . )

avant , je voyais les pois comme je croyais aux miracles . demain était hier , mais ca n'avait pas d'importance, car aujourd'hui c'est toujours et pourquoi ci maman ? j'ai mangé mes pieds et ils ont repoussé plein de plumes . le grand père m'a prise par la main et m'a emmené au cimetière des vivants . j'ai arraché mes os et les ai plantés dans la terre fraiche . une fenêtre a poussé . mes paupières sont cousues, je ne peux plus ouvrir les yeux ( je suis aveugle , un peu . ) ma peluche a de l'acné et moi j'ai la lèpre ( je disparais à vue d'oeil , mais leur regard sont tournés ailleurs . ) aïe . j'ai vu les oiseaux prendre leur envol , mais mes ailes sont arrachés par le souffle du néant ;
j'ai pleuré dans la nuit .
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<< Nous devons parfois aller en enfer par l'imagination pour ne pas y aller dans la réalité . >>
S.Kane
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j'ai esquissé trois pas de danse , j'ai laissé mon corps prendre la forme du vide . et je me suis élancée , droit contre le vent .
j'avais découvert cette magie une banale nuit d'hiver . je vivais encore avec ma mère , dans la violence et les cris mal retenus . cette fois elle empoignait mes cheveux et susurrait à mon oreille qu'elle allait me tuer , me "tuer, tu entends, tu comprends ? merde . " . j'entendais , mais je n'étais pas sure de comprendre . j'avais tout juste 12 ans et les vapeurs de l'enfance endormissaient encore mon sens des réalités . dans ce genre de moment , quand la démence épousait ma mère âme et corps , je ne pouvais m'empêcher de penser aux tragédies que déja à cet âge je dévorais . A chaque crise je m'émerveillais de la violence que ma mère pouvait déployer , qui me faisait migrer vers ces textes de Racine , Corneille , Sophocle . Par contre , je m'effrayais de ma propre passivité , de l'indifférence, presque , aux assauts presque cruels de ma mère . Quand elle serrait ma gorge entre ses longs doigts fins , je fixais ces yeux vidés par la folie , je souriais presque devant tant de grandeur .
mais lorsque j'atteignis l'âge de 15 ans ,ces semi-tragédies se révèlèrent cruellement burlesques à mes yeux nouvellement ouverts . je pris en horreur ces accès de démesure , je pleurais lorsqu'elle hurlait dans mes oreilles et j'avais envie de vomir lorsqu'elle s'essayait à m'étrangler . une fois , ses doigts , ensanglantés parce qu'elle s'était griffée le corps , ensèrrèrent ma gorge avec tant de haine que j'entrevis dans un éclair de lucidité blafarde que ma mère n'était pas l'héroïne digne d'une tragédie mais seulement la névrosée classique d'une société agonisante et j'eus si peur de cette vérité que je fermais les yeux pour tenter d'y échapper . dans le noir tremblotant de mes paupières , le calme se faisait et même si la folie de ma mère rodait autour de moi , ne plus le voir créait une sorte de barrière qui me protégeait . elle a crié , m'a demandé pourquoi je fermais les yeux , "je te fais peur , hein , c'est ca , dis moi . dis moi putain !" . je n'ai même pas esquissé le traditionnel "maman" que je me contentais habituellement de murmurer , je n'ai rien dit . j'ai même esquissé un sourire .
j'ai senti ses doigts relacher peu à peu leur prise , j'ai ouvert les yeux et me suis dirigée lentement vers le miroir . j'avais des traces de sang dans le cou , je les ai essuyées avec un torchon imbibé d'eau et je me suis éloignée .
je suis sortie dans la nuit froide . il s'est mis à neiger , et j'ai pensé à mon père mort depuis longtemps . ce père qui avait toujours aimé la neige, lui qui me racontait des légendes du monde entier sur la neige et sa magie .
j'ai fermé les yeux pour me souvenir du timbre de sa voix , et je me suis laissée prendre par la danse qui emportait mon corps . je l'ai laissé m'entrainer loin en dehors de moi même et j'ai senti peu à peu s'éloigner la tornade qui sévissait dans tout on corps . le vent s'est levé peu à peu et il a pris le relai du cri sans fin qui brisait mes os à chaque respiration.
j'ai couru dans le blanc de la neige et je me suis effondrée dans les flocons froids qui recouvraient le sol .
peu à peu mon corps s'est pris d'une danse discordante , mes muscles se sont crispés sur les maux qui faisaient frémir mes veines et peu à peu
je suis devenue ce grand v i d e
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surement à toi qui lis ces mots sans que je le veuille .
( je l'ai vue sortir en titubant . elle est tombée au sol , et là elle a pleuré en hurlant qu'elle cherchait seulement la lune . )
le téléphone a sonné puis s'est tu puisqu'elle n'a pas décroché . il a encore sonné sans être décroché . et quand il a recommencé elle a décroché car c'était le signal quand il l'appelait . faire sonner trois fois le téléphone . depuis quelques temps elle avait pris l'habitude de ne plus jamais décrocher , presque par jeu au départ , mais vite c'était devenu une manie et elle ne pouvait maintenant plus décrocher . la sonnerie d'un téléphone vidait son corps et résonnait comme une menace . on cherchait à lui nuire . ils cherchaient à lui nuire ; les autres ; ceux qu'elles s'étaient mis , parfois , souvent ? , à fuire . mais cette fois , grâce au code , elle avait répondu sans trop d'appréhension . c'était toujours étrange d'entendre sa voix dans un combiné , elle sentait cette distance qui le transformait en un autre , avec eux , et son corps tremblait à l'angoisse qu'il en soit devenu un pour elle . il appelait pour un renseignement . une information . coup de fil rapide , administratif presque . elle aurait aimé entendre dans son ton ce qu'elle même ressentait , le besoin de se rapprocher . mais il appelait juste par besoin . comme à chaque fois , ca a été stupide . il a suffit d'une phrase –mais étaient-ce vraiment les mots ?- pour qu'elle se sente chavirer, dans les eaux profondes de son mal . sur un ton naturel , il lui a demandé ce qu'elle "faisait ce soir , parce qu'il y avait une soirée" pour fêter ci ou ca , elle n'a même pas voulu entendre , au fond . parce qu'à cet instant elle n'entend déja plus que le cri silencieux qui vient roder dans tout son être . parce qu'à cet instant c'est déja bien trop tard pour qu'elle puisse se croire sauvée . parce qu'à cet instant la chose l'a déja reprise , l'a déja enlevée à elle même , l'a déja enfermée dans sa prison de souffrance . toujours elle essaie de nier sa douleur , mmais bien sur , elle est bien plus grande, bien plus forte que cette petite femme qu'elle devient . bien plus forte , car elle a grandi en silence , elle a grandi en se nourrissant de toutes les petites douleurs qu'elle a réussi a oublier . qu'elle a cru réussir à oublier . -au revoir. le ton est sec , elle le sait , il le sait . ils savent qu'ils savent . elle raccorche en silence , pose le téléphone . la chose est bien là , maintenant . elle sait qu'elle va s'insinuer de plus en plus dans chaque recoin de son visage , dans chaque pli de sa peau , dans chaque sourire qu'elle pourrait vouloir esquisser , que ce mal va l'envelopper tout entière et qu'alors pour s'en débarasser elle devra se frapper fort , s'abimer , se découper , pour espérer la tuer . la chose . elle voudrait que tout disparaisse . que tout meure . avec violence . avec la force qui la ronge . avec la nuit sans couleur qui l'envahit . il n'y plus que des autres . elle est seule .

disparaitre dans la lune. renaitre dans les abysses sans vie. elle se tue à petit feu . elle tue aussi ce qu'il y entre eux . elle et lui . elle le sait , le sent , le voit , le pressent , le ressent, le découvre . mais elle n'arrive tout de même pas à pleurer . la chose est bien trop forte ,bien trop là , bien trop vraie .
alors elle sort , elle titube un peu parce que la chose lui fait perdre tout contact avec ce qui n'est pas sa douleur . elle tombe au sol et hurle à l'aide . elle implore les étoiles , elle implore la lune , elle implore tout ce qu'elle sait être beau . elle l'implore lui , même s'il est loin . elle lui hurle avec ses larmes de l'aimer même si elle ne croit plus qu'à la haine .
elle rentre et s'endort en portant la veste qu'il a oubliée chez elle . dans son sommeil , elle pleure .
mais elle oublie de se savoir seule . elle a perdu ce sentiment dans ses yeux. mais elle ne sait pas comment le repêcher .
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l a r e ve d e r e .
- alors , ainsi tu prétends renoncer au monde sous prétexte que tu ne l'aimes qu'absolu ?

à tous ceux à qui j'avais promis d'écrire à tous ceux qui auraient aimé recevoir une petite carte pardonnez moi , de n'avoir pas tenu mes promesses , seulement j'ai découvert que ce voyage ne pouvait p a s se résumer sur une carte postale . vraiment pas .
comment traduire un regard en mot ? pourquoi écrire le bonheur en cinq lignes ? pourquoi tenter de traduire le bleu en gris ??
en espérant que vous n'avez pas trop de rancune ..
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